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lundi 10 avril 2017

Opération "Livres comme l'air" 2017 - Intervention de Luce Dupraz

Suite à l'événement "Livres comme l'air" qui s'est déroulé le samedi 18 mars dernier, nous avons le plaisir de partager avec vous le texte de l'intervention de Luce Dupraz.

 
12 bonnes raisons de lire des albums aux tout-petits
par Luce DUPRAZ


1) Nourrir les enfants de la langue du récit

Il y a aujourd’hui faillite du langage : près de 80 % des enfants qui sortent du Cours Préparatoire sans maîtriser la lecture ne rattraperont jamais leur retard, d’où la nécessité d’intervenir avant, durant la petite enfance.

Trop d’élèves de collèges situés en zones déshéritées se débattent avec 500 mots. Incapables d’abstraction, ils se construisent un monde simple, manichéen : blanc / noir, les bons / les méchants.

Ils succombent aux propagandes véhiculées par les réseaux sociaux, prêtent l’oreille aux thèses complotistes. Comment sortir des slogans et des schémas, de la pensée binaire, de « la pensée de l’ordinateur » que dénonçait le psychiatre Tony LAINÉ ? Comment former à l’esprit critique et au discernement, à l’art des nuances, sinon en transmettant la langue comme une école de complexité ? Le récit riche en mots permet de dire les choses dans leurs infimes nuances.

samedi 12 octobre 2013

Baby-Loup interpelle François Hollande


Veuillez trouver ci-dessous la lettre ouverte de notre équipe au Président de la République, parue ce jour dans Marianne. Vous pouvez soutenir cet écrit ou réagir à son contenu en écrivant au Courrier des Lecteurs du journal à l'adresse suivante : lecteurs@journal-marianne.com

Nous vous rappelons que la pétition déposée par EGALE en mars dernier, pour que les crèches de statut privé subventionnées par l’État puissent respecter la neutralité politique et confessionnelle, peut toujours être signée à cette adresse. Elle a déjà accumulé plus de 20 000 soutiens !


Appel de Baby-Loup à François Hollande

 
Monsieur le Président de la République,

Le 28 mars dernier, sur l’antenne de France 2, vous avez publiquement manifesté votre étonnement suite au refus de la Cour de Cassation de valider le licenciement d’une professionnelle de notre crèche de Chanteloup-les-Vignes qui entendait imposer son voile islamique. « Dès lors qu’il y a contact avec les enfants, dans une crèche associative ayant des financements publics, il doit y avoir une certaine similitude par rapport à ce qui existe dans l’école, avez-vous précisé, ajoutant : Je pense que la loi doit intervenir. Il faut que nous posions des règles et il faut que ce soit un consensus. » Vos mots ont immédiatement redonné du souffle à notre équipe après plusieurs années de procès (qui n’en finissent pas puisque nous sommes à nouveau convoqués le 17 octobre devant la Cour d’appel de Paris). Enfin entendait-on un responsable politique prêt à résoudre ce paradoxe juridique inouï faisant qu’aujourd’hui en France, le droit protège mieux les initiatives privées religieuses que celles qui, comme la nôtre, entendent seulement ne pas l’être !

Pour mener à bien le chantier législatif alors promis, vous constituiez le 5 avril l’Observatoire de la Laïcité, avec pour feuille de route prioritaire le traitement de l’insécurité juridique mise à nue par notre affaire. Or, celui-ci a publié un rapport d’étape le 25 juin, sur la base duquel son Président, Jean-Louis Bianco, a déclaré dans Le Monde : « La France n’a pas de problème avec sa laïcité », affirmation étrange en ce qu’elle semblait mettre en doute l’utilité même de son institution. Si nous savons que le discours de M. Bianco était en vérité plus nuancé, sachez que cette phrase a fait beaucoup de mal dans les rangs de nos amis ouvriers du vivre-ensemble qui, chaque jour, nous appellent pour nous raconter les problèmes analogues de pressions religieuses auxquels ils sont confrontés.

Heureusement, les réflexions optimistes de l’Observatoire n’ont pas empêché le débat de se poursuivre, et des réponses aux soucis bien réels mis en lumière par le cas Baby-Loup d’émerger. Des parlementaires de droite ont ainsi conseillé d’élargir à l’ensemble du secteur privé le principe de neutralité, sans se rendre compte que c’était potentiellement légitimer l’exclusion ordinaire, et faire comme si l’influence se jouait de manière identique entre majeurs et mineurs, personnes autonomes et personnes vulnérables. Des parlementaires de gauche ont défendu l’urgence de protéger les jeunes des revendications communautaires en rendant public le secteur de la petite enfance, sans remarquer que la suggestion butait sur l’existence d’établissements confessionnels prétendant justement user de cette plasticité infantile pour y imprimer au plus tôt une marque identitaire. Des techniciens du droit, enfin, ont imaginé considérer la laïcité comme une « tendance » semblable aux religions, sans s’apercevoir qu’il y avait là une absurdité philosophique, confondant la neutralité avec de l’athéisme militant, et oubliant l’exigence républicaine de production d’espaces propices au respect (et si possible à l’amitié), dans lesquels les identités ne soient pas immédiatement visibles et les individus, préjugés.

dimanche 29 septembre 2013

Baby-Loup s'exprime dans Le Monde


Veuillez trouver ci-dessous une tribune de notre directrice expliquant les raisons de la fermeture prochaine de la crèche Baby-Loup sur la ville de Chanteloup-les-Vignes, publiée ce jour par le journal Le Monde.


Baby-Loup, le départ


Depuis le début de ce qu'il est désormais convenu d'appeler « l'affaire Baby-Loup », notre équipe était déjà régulièrement, sur son terrain historique ― Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines ― victime d'insultes, de menaces, de vandalisme ou de diffamation ; mais la force publique était de son côté. Avec l'arrêt de la Cour de cassation du 19 mars, qui a rendu pour la première fois illicite son ambition de laisser les effets religieux à la porte de sa crèche, la contestation a pris un nouveau visage, parée de l'assurance de la légitimité. Aux hostilités extérieures et anonymes qui s'exerçaient jusqu'alors se sont ajoutées des altercations dans l'enceinte même de l'établissement, prenant pour acteurs certains parents avec lesquels nous travaillions pourtant depuis des années dans la confiance et sans heurts, devenus soudain d’ardents défenseurs de revendications singulières que l'on serait aujourd'hui « obligés par la loi » de mettre en œuvre. Prises au sérieux, celles-ci impliqueraient pour nous de séparer les enfants en fonction des modes de vie décidés par leurs parents, d'en exclure certains des jeux ou fêtes jugés impropres à telle ou telle religion, d'en isoler d'autres au moment du repas pour les prémunir de goûter (et même de toucher) des aliments défendus, de réglementer les modalités du sommeil selon diverses habitudes arbitraires... au mépris des envies et des besoins que les pédiatres et pédopsychiatres éclairent de leurs préconisations.

Rappelons que l'affaire débute en 2008, lorsque notre crèche associative signale à l'une de ses employées, revenant d'un congé parental avec de nouvelles exigences religieuses, qu'elle ne peut pas exercer ses activités auprès des enfants en portant un voile ample conjugué à une tunique. En effet, le règlement intérieur du personnel prescrit depuis sa création, conformément à ce que la Caisse d'Allocations Familiales demande à l'ensemble de ses partenaires, la neutralité politique et confessionnelle. Après deux instances favorables à ce positionnement (les prud'hommes de Mantes-la-Jolie et la cour d'appel de Versailles), Baby-Loup voit cette année la justice sembler donner raison aux allégations qualifiant de discriminatoire le licenciement qui a suivi le rejet et la non-observation de cette règle. Puisque l'association relève juridiquement du droit privé (comme les entreprises), elle ne peut pas interdire l'expression religieuse sur son lieu de travail, y compris si celui-ci concerne une petite enfance en pleine construction identitaire et si elle entre en contradiction manifeste avec les règles d'hygiène draconiennes qui s'appliquent au secteur.

L'atmosphère locale délétère qui s'est depuis installée constitue un fracassant retour en arrière par rapport aux origines du projet, qui se proposait à la fin des années 1980, avec la pleine adhésion du quartier, de créer un service inédit permettant à plus d'une cinquantaine de nationalités différentes de vivre ensemble. À l'époque, c'était le désir de réussir collectivement, et non la tentation communautaire, qui se promettait de tout emporter. Nous voyions tous en la neutralité un concept de pacification, capable, en créant un espace particulier, de ne pas fixer chacun dans une identité préjugée dont la xénophobie définit le cadre et recueille toujours les fruits.

mercredi 21 août 2013

Baby-Loup sur France Inter


Notre directrice était ce jour l'invitée de la journaliste Caroline Fourest dans l'émission Ils changent le monde de France Inter, diffusée du lundi au vendredi entre 12h30 et 13h.

« Notre utopiste s’appelle Natalia Baléato. Elle a fondé la Crèche Baby Loup. Une crèche exemplaire qui est devenue tout un symbole. Elle permet aux familles du quartier populaire de Chanteloup-les-Vignes de confier leurs enfants 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 et de filer au travail, quel que soit l’horaire. Mais une Crèche qui s’apprête à fermer. A cause de la plainte et d’une campagne menée par une salariée qui porte le voile et demande de forts dédommagements pour son licenciement. Objet du litige : faire passer ses convictions religieuses avant le respect du règlement intérieur qui prévoit la neutralité confessionnelle. La bataille dure depuis plus de cinq ans. Après avoir gagné en première instance et en appel, la Crèche a vu la cour de cassation casser le jugement et le renvoyer en appel. Au motif que le règlement n’interdisait pas clairement le port du voile et que cette crèche, privée,  ne pouvait pas imposer la laïcité comme un service public.… Une affaire très politique donc, qui renvoie les politiques à leurs responsabilités, mais qui n’est toujours pas tranchée. Sauf pour Natalia Baléato et son équipe, qui doivent tenir bon… »

Vous pouvez réécouter ce programme ci-dessous :


jeudi 18 avril 2013

Baby-Loup sur France 5


Une série de documentaires sur notre crèche sera diffusée dans le Magazine de la Santé,  

du lundi 22 au vendredi 26 avril, autour de 14h15.

Une compilation de la série sera proposée sur la même chaîne le samedi 27 à 13h30.

dimanche 31 mars 2013

Baby-Loup sur France Inter


Notre crèche était ce jour le sujet principal de l'émission Cause commune, tu m'intéresses du philosophe Abdennour Bidar, diffusée chaque dimanche entre 16h et 17h. De nombreux intervenants, dont notre directrice, réagissaient à la décision de la cour de cassation et évaluaient ses conséquences sur la manière de penser la laïcité dans notre pays.

Vous pouvez réécouter cette émission ci-dessous :

mercredi 27 mars 2013

Baby-Loup sur France Culture


La pédopsychiatre Caroline Eliacheff, dans le cadre de sa chronique hebdomadaire Les Idées Claires sur France Culture, revenait ce jour sur l'arrêt de la cour de cassation et le problème de la neutralité dans l'espace commun.

Vous pouvez réécouter son intervention ci-dessous :

lundi 18 février 2013

Baby-Loup diplômée



Baby-Loup participait ce jour, de 15h à 19h, au colloque « Familles monoparentales : sortir de l'impasse », organisé par la Fondation K d'urgences, sa partenaire depuis plusieurs années, et présenté par Laurence Ferrari. 


Cette journée d'études avait pour but de transmettre aux institutions et au public, à travers un entrelacs d'interventions de personnalités du monde socio-politique (Najat Vallaud-Belkacem, Valérie Pécresse, Martin Hirsch...) et de témoignages de célébrités (Corneille, Sheryfa Luna, Tal...), 10 propositions prioritaires censées pouvoir rapidement améliorer le sort des familles monoparentales. Nous vous résumons ces projets de mesures ci-dessous. 

1) Mise en place d'un quota pour l'accueil des enfants dans les écoles maternelles et les crèches
2) Instauration d'horaires atypiques pour les modes de garde
3) Révolution du CMG (Complément Mode de Garde) :
- En permettant le versement du CMG tiers payant
- En ciblant mieux le CMG sur les plus défavorisés
- En maintenant le versement du CMG pour les enfants de 6 à 10 ans
4) Versement d'allocations familiales au premier enfant pour les familles monoparentales précaires
5) Convocation d'un audit sur l'articulation entre les aides à l'isolement et le RSA majoré
6) Réalisation de deux campagnes d'informations nationales sur le recouvrement de la pension alimentaire
7) Organisation d'un blocage aux frontières des débiteurs de pensions alimentaires
8) Rétablissement de l'abattement pour isolement dans le calcul des aides au logement
9) Exigence de davantage de parité dans l'enseignement au primaire
10) Développement d'un portail public dédié à la monoparentalité

La manifestation était aussi l'occasion de saluer des structures mettant déjà en pratique un certain nombres des solutions proposées pendant cette journée. Au titre de son action à destination des familles non traditionnelles, et de son expérience des modes de garde à horaires atypiques, Baby-Loup s'est ainsi vue attribuer un diplôme d'honneur. 


Vous pouvez revivre l'intégralité du colloque ci-dessous (la remise de diplômes intervient à 2 heures et 33 minutes) :
  

vendredi 8 février 2013

Baby-Loup sur France Inter


Notre directrice Natalia Baleato était invitée ce matin sur France Inter, dans l'émission Les femmes, toute une histoire de Stéphanie Duncan, afin d'évoquer le projet Baby-Loup et son combat à destination des femmes du quartier. L'émission recevait également l'actrice Isabella Rossellini, pour son travail sur le prétendu « instinct maternel », et la militante Thérèse Clerc, pour sa gestion de la Maison des Babayagas et sa lutte pour les libertés homosexuelle et féminine.

Vous pouvez réécouter cette émission ci-dessous (le passage concernant le parcours de Baby-Loup se situe à 35 minutes) :

mardi 22 janvier 2013

Notre directrice invitée par le HCI



Natalia Baleato participait ce jour à la séance « Laïcité, petite enfance et activités de loisirs encadrées » du cycle de conférences « Vivre et faire vivre la laïcité », organisé par le Haut Conseil à l’Intégration.

Voici une transcription de son intervention, revenant sur les dernières années mouvementées de l'association.

Examinons ensemble le litige appelé « l’affaire du voile ». Qu’est que cette situation nous a révélé ? Que nous a-t-elle dit du cadre légal dans le secteur de la petite enfance, des relations de pouvoir dans les quartiers, de la fragilité de certains de nos acquis ? Nous allons tenter de le comprendre aujourd’hui.

Historique du conflit

Cette affaire éclate en 2008, après le retour d’une de nos salariées à la fin de son congé parental. Mme Afif avait été embauchée dans le cadre d’un contrat CES. Très vite, elle se révèle une personnalité charismatique de l’équipe. Soutenue par l’association, elle part en formation qualifiante. Dès 1994, elle commence à porter un voile par conviction religieuse, mais seulement dans sa vie privée : à l’école d’Educateurs de Jeunes Enfants, dans la crèche et dans toutes les activités concernant sa fonction salariale, elle ne le portait pas. Systématiquement, nous faisons référence au règlement intérieur de l’association – elle commencera à « oublier de retirer son voile » seulement vers 2000/2001 –, selon lequel les convictions religieuses de chacun ne concernent pas le fonctionnement et l’activité de l’association. 

Ainsi, en 2001, nous lui avons rappelé clairement par écrit  que l’accueil des enfants devait se faire en toute neutralité, en respectant les convictions et la diversité culturelle de chacune des familles accueillies dans la structure ; une exigence impliquant un personnel neutre. Ces conditions de travail, Mme Afif les connaissait parfaitement, puisqu’en 2001, alors qu’une autre salariée qui revenait après 6 ans de congés parentaux souhaitait également travailler avec son voile, cette même Mme Afif, en entretien professionnel avec celle-ci, lui a clairement demandé de respecter les termes du règlement intérieur sur ce point (comme en témoigne un document écrit et versé au procès). Le port du voile n’est pas un souci tant qu’ il reste dans le cadre privé et est enlevé sur le lieu du travail, comme avec toutes les autres salariées de confession musulmane. Mme Afif le faisait d’ailleurs auparavant, d’autres collègues de même confession respectant scrupuleusement cette clause du règlement intérieur.